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Moncton : Grâce à des partenariats, les familles ont mangé sainement pendant la pandémie de la COVID-19

Par Kate Doyle, agente de développement communautaire pour la région de Moncton

Les écoles sont bien plus que de simples lieux d'apprentissage. Ce sont souvent des centres communautaires, des réseaux de soutien et des espaces sûrs.  

Pour de nombreux élèves, ce sont aussi des lieux où ils peuvent s'attendre à déjeuner et à dîner. En effet, bon nombre de familles dans les régions de Salisbury et de Petitcodiac ont de la difficulté à bénéficier d'un accès systématique à une alimentation saine. Les écoles de la région ont donc pris les devants afin de s'assurer que les élèves avaient le ventre plein.

L'arrivée de la pandémie de la COVID-19 a obligé les écoles à fermer leurs portes à la mi-mars, exposant les parents de toute la province (moi y compris) à une grande incertitude et à des pressions accrues.

La période d'incertitude qui a précédé l'annonce de l'allocation de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) était extrêmement stressante pour beaucoup de gens.

Je sais que je ne suis pas seule à avoir eu l'impression que toutes les trente minutes, un enfant demandait une collation.

Selon les données de 2017 du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, il est possible que le pourcentage des familles en situation d'insécurité alimentaire dans les régions de Salisbury et de Petitcodiac puisse être aussi élevé que 15 %. Du jour au lendemain, les familles en situation d'insécurité alimentaire ont dû fournir des repas et des collations qu'elles n'étaient peut-être pas en mesure de fournir même avant le début de la pandémie.

Mon expérience m'a appris que les collectivités rurales savent se mobiliser et que celles de Petitcodiac, de Salisbury et des environs ne font pas exception. Nous avons commencé à mettre en relation les dirigeants locaux, bien trop nombreux pour être cités individuellement, afin de discuter de la manière dont nous allions nous assurer que les jeunes avaient toujours accès à une alimentation saine.

Grâce à un partenariat déjà existant avec l'organisme Food Dépot Alimentaire, nous avons pu obtenir des livraisons hebdomadaires de certains aliments de base : céréales, fromage, lait et barres tendres, entre autres.

Ces denrées de base faisaient déjà partie des programmes normaux de petit déjeuner et de dîner à l'école. En raison du confinement, cependant, nous avons fait face à des difficultés d'accès à des aliments frais par le biais de nos chaînes d'approvisionnement normales, et à une augmentation des prix.

En réunissant toutes les écoles, nous avons pu accéder à des achats en gros par l'intermédiaire d'un fournisseur local; autrement dit, en travaillant ensemble, nous avons pu acheter beaucoup plus avec moins d'argent.

Nous avons pu tirer parti d'une commande plus importante pour acheter davantage de fruits frais que d'habitude. En temps normal, si un produit n'était pas disponible par l'intermédiaire du Food Dépôt Alimentaire, les écoles pourraient peut-être l'acheter. En cette période exceptionnelle, le prix et la disponibilité des produits sont devenus des obstacles de taille (sans parler de la crainte suscitée par les visites à l'épicerie durant un certain temps).

Heureusement, nous avons obtenu une subvention de Centraide de la région du Grand Moncton et du Sud-est du Nouveau-Brunswick. Nous avons agi rapidement pour établir des points d'approvisionnement, des centres d'emballage, des livraisons et des bases de données.

Voici à quoi ressemblent 600 boîtes! Elles ont été données par Master Packaging et livrées à nos sites d'emballage par Holly McNeil, résidente du village de Salisbury.

Au début, 22 familles se sont inscrites, et à la fin du programme, on comptait 85 familles et 151 jeunes desservis par deux centres communautaires différents! Nous avons mené le programme durant le reste de l'année scolaire, c'est-à-dire pendant la période où les programmes de petits déjeuners et de dîners se seraient normalement déroulés.

Lorsque les prestations d'urgence commençaient à être versées et il n'était plus aussi difficile (ou effrayant) de faire ses courses, les gens commençaient à retrouver une vie un peu plus normale. Au cours des deux dernières semaines de livraisons, nous avons ajouté des informations sur la façon d'accéder aux prestations d'urgence, aux cliniques d'impôt gratuites (pour recevoir des allocations pour enfants) et aux banques alimentaires.

Outre les aliments de base, les jeunes ont eu accès à près de 5 000 livres de pommes, 4 000 livres de bananes, 1 000 concombres et une quantité colossale de carottes miniatures!

Pour n'importe quelle collectivité en temps normal, il s'agirait là d'un exploit, mais les circonstances entourant la pandémie (nombre très limité de bénévoles et le besoin de s'éloigner physiquement) nous rendaient la tâche encore plus difficile.

Dans un projet comme celui-ci en temps normal, les bénévoles arrivent en force et se serrent les coudes, mais pas à l'époque de la COVID-19!

Au moment où j'écris ces lignes, nous sommes à la fin de juillet 2020. Lorsque j'ai repris contact avec l'équipe de planification, chaque membre du groupe m'a dit que le projet avait été une expérience incroyablement enrichissante.

Je voulais connaître les points forts de l'expérience vécue par ces bénévoles. Une directrice d'école m'a parlé d'une broderie en point de croix qu'on lui avait fait pour la remercier. Un autre bénévole a décrit la note de soulagement apparent dans la voix des parents en recevant l'appel concernant leur livraison.

Un cadeau à une directrice d'école qui a veillé à ce que la nourriture soit toujours disponible aux élèves de l'école, même lorsque cette dernière était fermée (en anglais seulement).

Personnellement, deux choses m'ont frappé : la rapidité avec laquelle tous ceux à qui nous avons demandé de l'aide ont immédiatement accepté, et la semaine où un membre de l'équipe est allé acheter des centaines de lapins en chocolat afin d'ajouter une petite gourmandise à la commande lors de la fin de semaine de Pâques.

Il est si agréable d'aider, surtout à un moment où les choses semblent échapper à notre contrôle.

Kate est agente de développement communautaire à Horizon depuis 2018; elle a travaillé auparavant dans les secteurs à but non lucratif et caritatif pendant de nombreuses années. Elle est actuellement étudiante à l'Université du Nouveau-Brunswick, où elle vient de terminer son programme de leadership du Renaissance College.

Kate se passionne pour les questions d'inclusion sociale, le rapprochement des personnes et la promotion d'idées nouvelles et audacieuses au sein des collectivités. Elle est toujours à l'affût des leaders communautaires (surtout ceux qui ne se rendent pas encore compte qu'ils le sont!), alors n'hésitez pas à communiquer avec elle : Kate.Doyle@HorizonNB.ca.

Dans son travail pour soutenir les communautés de la région de Moncton, Kate tient à vous aider à bâtir des collectivités plus saines, plus fortes et plus résilientes, un projet à la fois!

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