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SAISIR LE JOUR

L'attitude positive de Dave Gillham, sa créativité et sa foi inébranlable aident l'homme et sa famille à persévérer devant le plus grand défi de leur vie.

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Dave Gillham, 35 ans, a l'habitude de se lever à 6 h afin de se préparer pour la journée de travail qui l'attend. Il est assistant en éducation à l'école Metepenagiag School, où son épouse, Lori Gillham, est la directrice. Ils ont une fillette de trois ans, Mila, qui déborde d'énergie.

La famille quitte habituellement la maison avant 7 h et conduit 30 minutes pour se rendre à l'école et à la garderie avoisinante que fréquente Mila.

Après une journée épuisante au travail et, à l'occasion, des nuits blanches avec Mila, le couple s'affaire à ses activités habituelles du soir et se prépare à reprendre la routine le lendemain.

Dave, qui est bien connu sous le nom de « DJ Dave from Down Under », est originaire de la péninsule de Mornington, en Australie, une région située au sud de Melbourne. La fin de semaine, il fait danser des centaines de gens dans les boîtes de nuit de la région avec ses mélanges musicaux hors pair. Son amour de la musique et son talent de DJ sont grandement reconnus dans l'industrie, où il est connu comme l'un des meilleurs DJ au Canada.

Toutefois, avec le temps, Dave s'est rendu compte que faire le DJ jusqu'au petit matin les fins de semaine n'était pas très compatible avec son rôle de père de famille. Il a donc décidé d'accrocher ses écouteurs et de fermer boutique de façon permanente.

Dave et Lori se sont rencontrés en Australie, lorsque cette dernière est allée y travailler. Ils se sont mariés et ont déménagé à Miramichi en 2008, puis peu de temps après, ils sont partis enseigner en Chine où ils ont demeurés quatre ans. Même si Dave habite au Nouveau-Brunswick depuis 2012, dès qu'il ouvre la bouche, il est évident qu'il n'a pas grandi ici. « Je ne sais pas pourquoi je m'accroche encore à mon accent », avoue-t-il.

Son attitude positive, son énergie créative et sa foi en Dieu allaient devenir cruciales pour Dave et sa famille dans le nouveau tournant qu'allait prendre leur vie.

LE DIAGNOSTIC

Le 11 décembre 2018 était une journée comme les autres pour Dave, à part les maux d'estomac qui le tiraillaient ce matin-là. Il avait déjà éprouvé des symptômes similaires que son médecin avait attribués à l'anxiété et à un trouble de stress post-traumatique relatif à une blessure préalable. Au travail, la douleur a empiré et s'est propagée à tout le côté droit de son ventre. Il a essayé de se convaincre que ça allait passer, mais le soir venu, au moment de se coucher, la douleur était encore bien présente. Plutôt que d'empêcher Lori de dormir, Dave a préféré s'installer sur le sofa, espérant que la douleur s'en irait. Lori était en congé de maternité après avoir donné naissance à leur deuxième enfant, un fils prénommé Ari.

L'agonie et les nausées ne faisaient que persister et Dave n'arrivait pas à trouver une position confortable sur le sofa.

Le couple a appelé l'ambulance, et entre-temps, Lori a pu trouver quelqu'un qui pouvait venir garder les enfants pendant qu'elle accompagnait Dave à l'Hôpital régional de Miramichi du Réseau de santé Horizon. Une fois sur place, le personnel a rapidement déterminé que Dave avait besoin d'une appendicectomie.

La chirurgie a été effectuée par le Dr Prabaharan Balasingham (Dr Praba). Avec l'autorisation de Dave, il a ordonné quelques analyses et examens supplémentaires, car selon ce que se rappelle Dave, le Dr Praba n'avait jamais rien vu de tel.

Aux dires de Dave, les antécédents de cancer dans sa famille l'ont peut-être préparé à la nouvelle qu'il allait recevoir, lui qui, en 2005, avait vu sa mère succomber à la maladie.

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LES RÉSULTATS ET LA RÉACTION

Les résultats de test ont confirmé les soupçons de l'équipe médicale. Dave a rencontré le Dr Mohammad Harb, oncologue, à L'Hôpital de Moncton du Réseau de santé Horizon. C'est là que le jeune père de famille, qui se remettait encore de sa chirurgie, a reçu le diagnostic : cancer du rectum avec métastases au foie, stade 4.

« En toute honnêteté, j'ai dit à ma femme que je m'en doutais », se rappelle-t-il. « Je n'étais pas du tout surpris. Bien entendu, j'étais bouleversé et j'ai eu des journées sombres depuis décembre. »

Évidemment, sa femme était dévastée.

« J'étais dans tous mes états », explique Lori, qui essaie de tenir le coup pour le bien de leur famille. « Nous étions toutefois soulagés d'obtenir des réponses. Il avait énormément de mal et nous n'avions aucune idée ce que c'était. »

N'eût été l'appendicectomie, Dave n'aurait pas subi de tests et le cancer n'aurait pas été détecté.

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DES MONTAGNES RUSSES

Dave compare son parcours dans le système de santé à un tour de montagnes russes.

« La médecine moderne est fantastique et mon équipe de chirurgiens et de médecins est phénoménale », explique-t-il, notant au passage que ce qui est le plus difficile, c'est de composer avec les effets secondaires de la chimiothérapie.

« Je prends les médicaments qu'on me donne, je fais confiance aux médecins, j'écoute leurs conseils et je vais faire tout ce que j'ai à faire pour vaincre cette maladie ».

Depuis le diagnostic, le temps continue de filer. L'hiver a pris fin et les pelouses ternes verdissent tranquillement pour revêtir leur splendeur estivale. Le vert, symbole de la vie. Selon le Dr Harb, l'oncologue de Dave, l'attitude anormalement positive de celui-ci envers sa propre vie y est pour beaucoup dans sa réponse aux traitements, soulignant que Dave a nettement amélioré son pronostic.

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UNE ATTITUDE POSITIVE

« Il fait preuve d'une belle sagesse », souligne le Dr Harb. « Dès le départ, il a accepté rapidement ce qui lui arrivait, ce qui nous a permis de commencer immédiatement les traitements. Nous avons pu entamer le processus sans tarder parce qu'il n'a pas tardé à prendre sa décision. »

« Son cas était plus facile à gérer parce qu'il était partant », ajoute le Dr Harb. « Dave a accepté ce qui lui arrivait et s'est tout de suite mis en mode contre-attaque. »

Pour Dave, chaque jour est un jour à saisir; certaines journées se passent mieux que d'autres, mais grâce à son attitude, les journées moches sont tolérables et les bonnes journées sont encore meilleures.

« Quand j'ai de bonnes journées, je passe du temps avec ma femme et mes enfants autant que je peux. Quand ça va moins bien, je laisse la vie suivre son cours et je fais du mieux que je peux pour garder la tête haute », explique-t-il. « Si je ne passe pas une bonne journée, je ne m'en fais pas trop et je me dis que la suivante sera meilleure. »

La Dre Tiffany Keenan, qui suit Dave à Miramichi, est d'accord : une attitude positive est l'une des meilleures armes pour améliorer un pronostic. La participation d'un patient à ses propres soins de santé est également d'une importance capitale.

« Dave a montré un intérêt à vraiment comprendre sa maladie », ajoute la Dre Keenan. « Ce que j'aime chez lui en tant que patient, c'est sa nature curieuse. Il n'hésite pas à poser des questions, ce que les patients ne font pas suffisamment à mon avis. »

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DES LOISIRS CRÉATIFS

La Dre Keenan croit également que les personnes qui ont un moyen d'exprimer leur énergie créative, comme Dave le fait, sont mieux outillées pour traverser les épreuves.

« J'adore la musique, donc évidemment, c'est une thérapie pour moi », souligne Dave, qui continue de créer des mélanges de musique sur son ordinateur à la maison pour l'émission The Mixup diffusée sur les ondes de Phantom-FM, une station de Bathurst. « Quand je me plonge dans la musique, ce qui m'entoure ne me dérange plus. Je me retrouve dans mon petit monde à moi. »

Dave tient également un blogue, Dave's Blog and the Many Adventures of Cancer. À l'origine, ce blogue avait pour but de tenir ses amis et les membres de sa famille qui sont au loin informés de son état de santé. Depuis, la popularité du blogue n'a cessé de grandir - il compte maintenant quelque 30 000 lecteurs - et Dave y partage avec candeur les hauts et les bas de son parcours.

« C'est comme si j'avais l'obligation sociale de raconter mon histoire, et ça me fait plaisir de le faire », souligne-t-il. « Mes propos ont aidé des personnes à mieux comprendre ce que vit un proche se trouvant dans des circonstances semblables. »

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UNE FOI INÉBRANLABLE

Durant son enfance, en Australie, Dave se rendait à l'église tous les dimanches. Il a vraiment pris conscience de sa foi il y a 15 ans, durant la maladie de sa mère. « J'ai eu ce sentiment très fort en moi que peu importe ce qui allait arriver, je m'en sortirais bien », explique-t-il.

Aujourd'hui, lui et sa famille fréquentent l'église The Point Church, à Miramichi, où Dave était technicien de son jusqu'au moment du diagnostic.

« Je pratique ma religion, certes, mais je n'essaie pas de l'imposer à qui que ce soit », souligne-t-il modestement.

« La prière est un remède pour moi », ajoute-t-il. Son pasteur, Kevin Matthews, acquiesce et renchérit : voir Dave accepter son sort face à cette maladie grave était plutôt inhabituel.

« Comme n'importe qui d'autre, il était dévasté au départ, mais il s'est très vite ressaisi. Il a tourné la page et a promis que peu importe ce qui arriverait, il ferait tout en son possible, garderait la foi et serait fort pour sa femme et ses enfants », relate le pasteur. « Sa foi est immuable. Il a une relation bien réelle avec Dieu. »

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VISITES À LA MAISON ET MISES À JOUR

Dave continue de recevoir des mises à jour de ses médecins au sujet de son état de santé et de nouveaux traitements possibles. Il répond bien à la chimiothérapie et vient d'apprendre qu'il a reçu le feu vert pour subir une chirurgie visant à enlever une tumeur. De plus, des infirmières du Programme extra-mural (PEM) lui rendent régulièrement visite à la maison.

Durant la fin de semaine de Pâques, Dave a aidé les locataires de son sous-sol à faire du nettoyage, eux qui avaient été touchés par des inondations. Lorsque Brenda Taylor, infirmière du PEM, lui a rendu visite dans les jours suivants, elle a eu peur qu'il se soit épuisé. Pris de fièvre, Dave a été hospitalisé pendant deux semaines parce qu'il avait contracté la bactérie C. difficile. Maintenant que Dave est de retour à la maison, les infirmières du PEM et lui continuent de suivre ses progrès.

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DES CONSEILS

Pour que tout continue de bien aller, Dave prêche par l'exemple. Il prie, il écrit, il plonge dans la musique et il saisit chaque jour. Il reconnaît la gravité de la situation, mais il fait le choix conscient de profiter du jour qui passe et de ne pas s'en faire avec ce qui viendra demain.

« S'inquiéter des 'si', c'est une perte de temps », soutient Dave.

Si le manège dans lequel il se trouve se met à descendre une pente, Dave continuera de vivre pleinement, positivement, créativement et fidèlement les jours qui lui sont offerts. « Je ne suis pas plus spécial qu'un autre. Je voudrais seulement qu'on se rappelle de moi comme d'un bon gars qui a eu le cancer. »

S'il y a un conseil que Dave aimerait offrir, c'est bien de faire comprendre aux hommes de ne pas se montrer hésitants devant des symptômes louches.

« Il ne faut pas tarder à aller demander l'avis de son médecin, à raconter en détail les symptômes que l'on a. Il n'y a pas de honte à avoir. Plus tôt on peut obtenir un diagnostic, meilleures sont les chances de guérison. »

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