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DE PARFAITS INCONNUS

Aux prises avec des symptômes inhabituels, David Ruff, 25 ans, est allé consulter son médecin qui a immédiatement ordonné des prises de sang. Les résultats, vite revenus, ont chambardé la vie de David. L'après-midi même, on l'a hospitalisé et préparé à entreprendre de la chimiothérapie le lendemain.

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Durant son enfance à Quispamsis, Nouveau-Brunswick, David Ruff aimait jouer au hockey et au baseball et passer du temps avec ses amis.

Il aimait aussi beaucoup regarder des séries d'enquêtes policières à la télévision. Il se rappelle qu'il se dépêchait à rentrer de l'école pour regarder un épisode de CSI, rêvassant à une carrière d'enquêteur en scène de crime. Lorsqu'il s'est rendu compte que les cas complexes montrés à la télé prennent beaucoup plus que 60 minutes à résoudre, il a préféré laisser tomber le projet pour se diriger plutôt dans l'industrie du tourisme. Aujourd'hui, il travaille pour une chaîne hôtelière internationale, ce qui lui permet d'étancher sa soif d'aventure à la maison et à l'étranger.

David s'entraîne au centre de conditionnement avec sa copine, Kayla, et joue au hockey-balle avec ses amis. Ces activités le gardaient en forme et lui donnaient un bon niveau d'énergie jusqu'au jour où il s'est rendu compte que pour un jeune homme en santé de 25 ans, ses réserves d'énergie se vidaient plutôt rapidement.

PREMIERS SYMPTÔMES

« Je montais une butte à pied et j'étais vidé, prêt à m'évanouir », explique David.

Ce qui l'inquiétait le plus, c'était le fait que cette grande fatigue était aussi accompagnée d'une panoplie d'autres symptômes. Il en avait dressé une liste à laquelle figurait notamment une infection à la bouche et des ecchymoses sous ses pieds.

David est allé voir son médecin de famille et celle-ci a été suffisamment inquiétée par l'état de santé de David pour l'envoyer subir des analyses sanguines à l'Hôpital St. Joseph du Réseau de santé Horizon sur-le-champ. Il s'est rendu à la clinique de prélèvement tôt le matin du vendredi 4 mars 2016. Après le prélèvement, David est retourné au travail au centre d'appels de l'hôtel, s'attendant à obtenir des résultats dans les jours suivants.

Mais le reste a déboulé plus vite qu'une intrigue de CSI.

À 10 h 30 du matin, ses échantillons de sang étaient déjà sous examen au laboratoire de l'Hôpital régional de Saint John (HRSJ) du Réseau de santé Horizon.

IL FAUT JOINDRE DAVID!

Le cabinet du médecin essayait de joindre David, en vain. Il a donc fallu faire appel aux membres de sa famille inscrites à son dossier. Christie Ruff, la mère de David, n'oubliera jamais l'appel qu'elle a reçu ce matin-là.

« Nous essayons de joindre votre fils. Il doit venir à l'hôpital tout de suite. »

En raison de la nature de son travail au centre d'appels, David ne pouvait pas toujours prendre des appels personnels. Inconscient de l'urgence de la situation, il a eu le sentiment que quelque chose n'allait pas quand il a vu que sa mère l'appelait sur son cellulaire et l'a rappelée.

Sa mère, une infirmière auxiliaire autorisée à l'HRSJ, lui a dit qu'il devait se rendre à l'hôpital au plus vite. David a continué à travailler en attendant que Kayla passe le chercher pour l'y conduire.

ÉMOTIONS EN FAMILLE

Christie et son mari, Larry, grelottaient dans le stationnement de l'hôpital en ce matin glacial de mars en attendant leur fils et sa copine.

« Ma mère ne m'a rien dit avant que j'arrive à l'hôpital et que je m'apprête à y entrer », se rappelle David.

« Nous étions plantés dans l'entrée de l'hôpital à pleurer », se rappelle Christie. « Nous étions sous le choc. »

Quelques minutes plus tard, un gestionnaire en oncologie a conduit la famille en détresse vers une chambre d'un étage supérieur où on a donné à David un lit. Quelques minutes plus tard, le Dr Terrance Comeau est venu au chevet de David pour lui expliquer ses résultats d'analyses sanguines.

L'oncologue devait encore attendre quelques confirmations, mais il était convaincu que c'était la leucémie. Entre-temps, on a inséré dans le bras de David un cathéter veineux central introduit par voie périphérique (CCIP) afin d'entreprendre la chimiothérapie.

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DÉTERMINATION

Malgré le choc initial du diagnostic, David s'est résolu à être un patient actif et coopératif par rapport à ses soins et à garder une attitude positive tout au long du processus. Les soins ont commencé pour de bon le matin suivant avec le début des traitements de chimio.

« Il était très déterminé à vaincre cette maladie », souligne le Dr Comeau. « Quelques facteurs importants ont joué en sa faveur durant ses traitements : sa façon de suivre à la lettre tous ses traitements de chimio et tous les soins connexes visant à traiter et à minimiser la toxicité. »

David a passé six mois à courir à l'hôpital pour des traitements. David a très bien répondu aux traitements, de sorte qu'en août, l'équipe médicale a déclaré qu'il était en rémission.

Soulagé, David était déterminé à reprendre des forces et à retourner au travail en janvier suivant.

PAS SI VITE

Comme prévu, David a repris le travail en janvier 2017 et a recommencé à s'entraîner au YMCA. Il se sentait bien.

Puis, en février, juste avant la célébration conjointe des anniversaires de naissance de ses parents, il a reçu des nouvelles comme quoi des analyses sanguines avaient donné des résultats indésirés. Il a tenté de ne pas assombrir les festivités, mais il sentait qu'il devait leur faire part de cette nouvelle.

Il a confié à ses parents qu'ils allaient profiter de la journée pour s'amuser et qu'il se rendrait à l'hôpital dans la semaine suivante. « J'ai tenté de les rassurer en leur disant que ce ne devait pas être bien grave, mais au fond de moi, je me doutais que quelque chose ne tournait pas rond. »

GREFFE

Les soupçons de David étaient justifiés.

Ce dernier a été réadmis à l'HRSJ et la nouvelle est tombée : il avait besoin d'une greffe de moelle osseuse pour survivre. Les jours qui ont suivi ont été parmi les plus sombres et les plus difficiles dans la vie de David. Cette nouvelle a jeté un ombrage sur son optimisme préalable.

À 26 ans, il était maintenant atterré et s'était pratiquement résolu à accepter ce sort cruel.

« À ce point-ci, si je dois mourir, alors je vais mourir », s'est-il dit.

Kayla était aux côtés de David pour lui remonter le moral et lui rappeler qu'il avait ce qu'il fallait pour surmonter la maladie.

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J'SUIS CAPABLE

« Après un jour ou deux, je me suis rendu compte que si j'avais pu vaincre la maladie une fois, j'étais capable de le faire de nouveau », explique-t-il pour décrire l'élan de détermination qu'il a ressenti. « Une fois sur place, j'ai fait tout ce que je pouvais pour m'assurer que tout se passe bien. »

Pour y arriver, il a suivi tous les conseils médicaux qu'il recevait et, en tant que patient, il est demeuré actif et curieux.

« Il est important pour le médecin et le patient de bien comprendre la maladie qui touche le patient et de toujours se réjouir de la prochaine étape de traitement », explique le Dr Comeau.

À LA RECHERCHE D'UN DONNEUR

Pour David, l'espoir d'un avenir meilleur - et d'un avenir, tout court - résidait dans la capacité de son équipe à trouver un donneur compatible. Aucun membre de sa famille ni ami n'était compatible.

La famille a organisé une clinique de don de sang afin de trouver un donneur compatible pour David. Les gens se sont présentés en grand nombre à la clinique.

David est allé y faire un tour, souriant devant tout le soutien et l'amour témoignés par sa famille, ses amis et les gens de sa collectivité. Malheureusement, aucun donneur compatible n'a été trouvé.

PARFAIT INCONNU, MATCH PARFAIT

Peu de temps après, il a reçu des nouvelles comme quoi un donneur était prêt à l'aider. Cette personne ne faisait pas du tout partie de son entourage. Il s'agissait d'un parfait inconnu présentant unmatchparfait.

Comme Christie l'explique, obtenir un match parfait de 10 sur 10 en matière de marqueurs génétiques, c'est un peu comme gagner à la loterie.

« Cet homme était le seul espoir de survie de David », ajoute-t-elle.

En juin 2018, un an après la greffe réussie, David a donné son approbation au registre de don d'organes pour que le donneur communique avec lui.

Une semaine plus tard, un homme de 24 ans de la Nouvelle-Écosse s'est manifesté.

« Allô, c'est moi qui t'ai donné la moelle osseuse! », a-t-il lancé d'un ton désinvolte à David.

La façon dont il en est venu à faire ce don était tout aussi informelle. Quand il était au secondaire, à Halifax, son école a organisé une clinique d'inscription de donneurs où on l'a encouragé à soumettre un prélèvement sur écouvillon.

Il a expliqué à David qu'on lui avait dit qu'il pourrait manquer un cours et qu'il recevrait des bonbons s'il y allait.  « Il avait oublié qu'il était dans le registre à titre de donneur potentiel jusqu'au moment où la Société canadienne du sang lui a téléphoné pour lui demander s'il était disposé à aider quelqu'un. »

AUCUNE HÉSITATION

Christie a besoin de quelques instants pour reprendre ses esprits lorsqu'elle se remémore la gentillesse et l'humilité dont a fait preuve le donneur qui a sauvé la vie de son fils.

« Il a tout simplement répondu "Absolument, dites-moi ce que je dois faire" », se rappelle Christie. « Il n'y a jamais eu l'ombre d'un doute dans son esprit. »

David ajoute : « Il a dit que pour lui, c'était simplement ce qu'il fallait faire. »

UN GESTE ALTRUISTE

Ce donneur était la seule chance de survie de David.

« Sans greffe, David serait mort, donc le donneur lui a vraiment sauvé la vie », relate Christie. « Voir ce jeune homme se porter volontaire pour nous aider, sans la moindre hésitation, c'était magnifique. Il mérite tous les honneurs, mais il ne veut aucune reconnaissance. »

Le donneur étudie actuellement à l'université en Nouvelle-Écosse et il a rencontré David à quelques reprises. David dit de lui qu'il est très relax et trouve qu'ils ont des personnalités semblables. Mais comment faire pour obtenir un match si parfait en matière de moelle osseuse autre que par un lien génétique?

Christie, qui a grandi dans les environs de Boston, se pose la question. Le donneur a de la famille dans la région de Boston et la ressemblance entre le donneur et le frère de Christie, qui vit encore à Boston, est frappante. Voilà une énigme à résoudre un autre jour.

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Pour l'instant, David et sa famille sont reconnaissants de la chance qu'ils ont qu'il soit de nouveau en santé et ils se croisent les doigts jusqu'à ce qu'ils obtiennent la confirmation de ses cinq ans de rémission.

David est de retour au travail, à l'entraînement et aux parties de hockey-balle avec ses amis. Kayla et lui profitent de toutes les occasions d'aventure qui se présentent à eux, bien conscients que la vie est fragile.

« Chaque jour nous offre de nouvelles possibilités de découvrir le monde qui nous entoure et je compte bien en tirer avantage », affirme-t-il.

Il sait que la vie peut être compliquée et que comme dans une série dramatique à la télé, les revers peuvent changer la donne.

David voit sa maladie comme une chose du passé. Il voit l'avenir avec optimisme et a hâte de franchir l'étape des cinq ans de rémission.

« J'ai toutes les raisons du monde d'accueillir la vie à bras ouverts. »

L'histoire de David vous a donné envie de devenir donneur de moelle osseuse? Communiquez avec la Société canadienne du sang pour en apprendre davantage sur le don de cellules souches.

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