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Lettre d'opinion - Dr Tom Barry, chef régional du personnel médical

Le modèle de soins de santé de 1970 ne répond plus aux besoins actuels

Le 29 mars 2016 - En 1970, la plupart d'entre nous captaient seulement trois ou quatre postes de télévision; nous les changions en nous approchant de l'appareil et en tournant un cadran. Très peu d'autos étaient munies de ceintures de sécurité; les cigarettes coûtaient moins de dix cents la douzaine et la vaste majorité des gens fumaient un peu partout.

C'était grosso modo l'année au cours de laquelle notre système de soins de santé a été conçu.

Depuis, la technologie a évolué à une rapidité fulgurante, touchant tous les aspects de notre vie. Les grandes industries principales se sont modernisées ou ont disparu. Aujourd'hui, nous disposons d'ordinateurs, de portables, de téléphones intelligents et de voitures propres. Nous avons des centaines de postes au bout des doigts. Nos connaissances du traitement et de la prévention des maladies se sont grandement améliorées. Notre monde est si différent de celui de 1970 que les jeunes croient que nous plaisantons lorsque nous le leur décrivons.

Tout a changé ─ tout, sauf la structure du système de soins de santé du Nouveau-Brunswick.

Évidemment, les domaines des diagnostics et des traitements ont subi des changements depuis l'adoption du modèle de soins médicaux et infirmiers de 1970. Nous avons assisté à d'importants changements dans certains secteurs, comme, notamment les soins en médecine générale, l'ablation de cataractes, la réparation des hernies, et les appendicectomies.

Même certaines arthroplasties sont effectuées sous forme de chirurgies d'un jour, et de nombreux problèmes médicaux nécessitant autrefois l'hospitalisation du patient - anomalies cardiaques, caillots dans la jambe et les poumons, hypertension non contrôlée et insuffisance rénale - sont maintenant traités en consultation externe. En fait, la plupart des services oncologiques sont maintenant fournis par des cliniques.

Poursuivre le modèle vieux de 40 ans s'avère tout simplement inefficace et mal avisé.

Le Nouveau-Brunswick compte 21 hôpitaux de soins de courte durée desservant une population de 750 000 personnes. La majorité des provinces ont réglé depuis longtemps ce problème de surabondance des hôpitaux. La Saskatchewan a été la première province à réduire le nombre de lits d'hôpital en réaffectant certaines ressources à des centres de santé communautaires.

Lors d'une réunion récente de nos dirigeants du personnel médical, la plupart des médecins ont convenu du besoin pressant d'apporter des changements majeurs au système.  En outre, le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick a déclaré que les soins primaires au Nouveau-Brunswick devraient être réformés.

Malgré nos efforts pour élaborer un plan stratégique qui améliorerait les soins communautaires et tertiaires fournis aux populations rurales et urbaines du Nouveau-Brunswick, nous n'étions pas en mesure d'effectuer les changements et les investissements nécessaires pour répondre aux besoins les plus criants. Certaines décisions, si peu populaires qu'elles soient, doivent être prises.

Statistique Canada prévoit qu'au Nouveau-Brunswick, le pourcentage de la population de plus de 65 ans augmentera de 40 % d'ici 2026, soit dans 10 ans seulement!  Les conséquences pour la santé de la population sont évidentes. Notre taux d'obésité reste très élevé, mais nous avons investi très peu en soins préventifs. Nos délais d'attente sont longs. Les diverses évaluations des besoins de nos collectivités en matière de santé, rédigées par nos dirigeants communautaires, signalent systématiquement des lacunes importantes : un manque de personnel qualifié pour gérer des problèmes de santé mentale des adultes et des jeunes, l'absence de services de maintien à domicile et des problèmes de transport. En dernier lieu, les listes d'attente d'une chirurgie d'arthroplastie et de services fournis par nos précieux centres d'oncologie et de cardiologie provinciaux ne s'améliorent pas.

La priorité que nous accordons aux lits d'hôpital et aux services d'urgence s'avère non seulement inutile, mais aussi inefficace du point de vue médical; elle a pour effet de détourner d'importantes ressources financières nécessaires aux secteurs susceptibles d'améliorer la santé de nos patients.

Notre incapacité d'adapter nos ressources aux besoins de la population ne nous laisse pas la marge de manœuvre souhaitable pour réaffecter les ressources financières et humaines vers les services communautaires ou pour résorber la liste d'attente d'une chirurgie au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick ou d'autres services tertiaires coûteux.

Au chapitre des soins primaires, les résidents ne connaissent que trop bien les attentes interminables dans les salles d'urgence pour voir un médecin, faute d'autres options. Les ressources doivent être déplacées de manière proactive vers la communauté afin d'améliorer l'accès et de soulager l'engorgement des salles d'urgence.

Le plan proposé par le Réseau de santé Horizon est de divertir les ressources financières et humaines des soins secondaires, prodigués traditionnellement au sein des hôpitaux, vers les soins tertiaires (soins oncologiques, Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick, listes d'attente d'arthroplastie et de chirurgies).

De plus, des ressources seraient réaffectées aux services de soins de santé préventifs afin d'améliorer l'accès aux soins primaires en milieu communautaire et ainsi, de minimiser les délais d'attente de ces services en salle d'urgence.

Les changements touchant la prestation de soins ne doivent pas se limiter aux hôpitaux en milieu rural. Ils doivent être apportés à nos grands établissements aussi bien qu'à nos centres de soins primaires. Il est important d'agir immédiatement. Autrement dit, toute personne qui participe au système de soins de santé doit se rendre à l'évidence et faire les choix difficiles qui s'imposent.

Ce n'est pas uniquement une question d'argent; il s'agit aussi de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Le manque d'accès aux soins et la longueur des listes d'attente présentent des risques importants. Plus longtemps nous retarderons ces changements, plus il sera difficile de maintenir la qualité des soins et les méthodes de soins que les résidents du Nouveau-Brunswick désirent et méritent.

J'invite mes confrères médecins à poursuivre le dialogue. 



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