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UN PETIT AMÉRICAIN NÉ AU CANADA

L'histoire d'un couple américain rentré de voyage avec l'enfant qu'il attendait

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À l'automne 2017, quelque temps après son mariage, Bethany Gervais a appris qu'elle était enceinte. À ce moment, la femme de Caribou, au Maine, n'aurait jamais cru donner naissance à un petit Canadien.

Au septième mois de grossesse, tout allait pour le mieux, outre le fait que le bébé était un peu plus gros que la moyenne.

Le 15 avril 2018, Bethany et son mari, Ray Gervais, sont venus au Canada pour une soirée entre amis à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

« Nous avons fait le voyage avec un couple d'amis. Nous avions seulement prévu rester en ville une soirée », explique Bethany, une enseignante de 33 ans.

Le groupe est allé jouer à un jeu d'évasion, où les participants doivent résoudre des énigmes, déverrouiller des cadenas et se servir de différents objets pour s'échapper d'une pièce. Célébrant la victoire de son équipe à leur sortie de la pièce, Bethany était loin de se douter que le petit être dans son ventre prévoyait lui aussi s'échapper ce soir-là.

« Nous sommes rentrés à l'hôtel pour le reste de la soirée et je ne me sentais pas bien », explique-t-elle. « Au début, j'avais mal au ventre, puis ça s'est mis à empirer et à devenir de plus en plus fréquent. »

Tout à coup, Bethany a perdu ses eaux. Entre peur et stupéfaction, le couple s'est dépêché à se rendre à sa voiture et s'est servi de son GPS pour parcourir les cinq kilomètres qui le séparait de l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers (HRDEC) du Réseau de santé Horizon.

Arrivé à l'entrée du Service d'urgence en deux temps, trois mouvements, le couple a tout juste eu le temps de se rendre à l'Unité de travail et d'accouchement.

« J'avais laissé la voiture en marche devant le Service d'urgence, alors je suis redescendu pour aller la stationner », explique Ray. « À mon retour, à peine cinq minutes plus tard, le bébé était en train de naître. »

Pendant le travail, le bébé avait du mal à respirer. Finalement, le petit Parker Auguste Gervais s'est pointé le bout du nez quelques minutes après minuit, le lundi 16 avril. Il a tout de suite été admis à l'Unité des soins néonatals intensifs (USNI). Il avait la jaunisse et une hémorragie au cerveau, en plus d'avoir besoin d'oxygénothérapie.

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Bethany était épuisée et dépassée par les événements, tandis que Ray s'inquiétait pour elle et pour le petit. Il envoyait texto après texto à la mère de Bethany, une infirmière de soins néonatals qui travaillait un quart de nuit dans un hôpital de Providence, au Rhode Island. La nouvelle grand-maman n'a fait ni une ni deux : elle a quitté le travail et a conduit toute la nuit pour arriver à Fredericton 12 heures plus tard.

 « Elle était tellement contente de nous voir », souligne Bethany. « Elle a passé quelques heures avec nous, puis elle est allée à sa chambre d'hôtel et s'est endormie comme une masse. »

Une fois que le choc initial a commencé à se résorber, Bethany et Ray ont dû réfléchir à ce qu'ils allaient faire ensuite. Parker était dans un état stable, mais ses parents, pris de court par sa naissance en sol canadien, n'avait nulle part où aller. Ils devaient aussi s'occuper de remplir des documents pour leur assurance-maladie aux États-Unis.

Le personnel d'Horizon a fait tout en son possible pour venir en aide à la famille. La travailleuse sociale en périnatalité de l'HRDEC a travaillé fort pour aider le couple à trouver un hébergement temporaire dans un appartement. Pendant ce temps, les infirmières de l'USNI n'ont pas hésité à sortir du cadre de leurs fonctions pour recommander au couple des endroits où manger, séjourner ou acheter des vêtements et d'autres articles nécessaires.

« Leur aide nous a été si précieuse. Elles ne se sont pas contentées de leurs tâches médicales; elles nous ont aussi donné un coup de main avec les questions de facturation et d'immigration », précise Bethany. « Le soutien émotionnel qu'elles nous ont offert nous a été d'un réconfort inestimable dans cette situation difficile, loin de chez nous et de nos proches. »

Bethany a obtenu son congé de l'hôpital environ une semaine plus tard, mais le petit Parker, encore fragile, avait encore du chemin à faire avant de pouvoir sortir de l'USNI. Ses parents passaient au moins huit heures par jour à l'unité à l'observer, à le nourrir et à le bercer.

« Nous avons rapidement tissé des liens à l'unité », souligne Janet Paquin, infirmière gestionnaire de l'USNI. « Cette famille est formidable et je crois que les circonstances uniques de la situation nous ont rapprochés. »

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Il arrive souvent que l'Unité des soins néonatals intensifs traite des nouveau-nés du Haut de la Vallée, d'Edmundston et d'autres régions de la province, mais il était très inhabituel d'y trouver un bébé né en sol canadien de parents américains. Dans bien des cas, les parents sont inquiets et vivent des moments difficiles seuls dans une ville qu'ils ne connaissent pas. L'infirmière gestionnaire explique que les familles sont au cœur des soins offerts à l'USNI.

« Évidemment, travailler avec des bébés nous fait adopter une approche très attentionnée par rapport à la vie. Je crois que nous sentons souvent un lien particulier avec nos petits patients et que les parents le ressentent aussi », ajoute-t-elle. « Nous sommes reconnaissants de faire partie de leur expérience, tout en sachant très bien que les choses peuvent bien ou mal tourner. C'est un privilège d'accompagner les familles durant une période de leur vie dont elles se souviendront toujours. »

Le grand jour est finalement arrivé le 23 mai. Après avoir passé plus d'un mois à l'USNI, Parker a reçu son congé de l'hôpital et a pu prendre sa première bouffée d'air printanier, bien installé dans le siège d'auto bleu marine que transportait fièrement son père.

La famille a dû rester à Fredericton quelques jours de plus, car Parker, qui pesait maintenant sept livres, avait des rendez-vous médicaux de suivi. Pour la première fois depuis sa naissance, sa mère et son père étaient seuls à s'occuper des boires, des rots et des changements de couches.

« C'était presque un nouveau choc pour nous », avoue Bethany en riant. « Nous étions nerveux parce que nous avions toujours eu l'aide des infirmières et du personnel avec les soins. »

Dans toutes ces péripéties, une question revenait sans cesse : Parker était-il Canadien ou Américain? Ray, qui travaille avec le département de la Santé et des Services sociaux du Maine, s'est lancé dans des recherches sur la citoyenneté qui ont permis de confirmer que son fils était à la fois citoyen canadien et citoyen américain.

Malgré la découverte de cette double citoyenneté, le couple était nerveux de rentrer aux États-Unis avec le petit.

« Disons que c'était intéressant! », rigole Ray. « Franchir la frontière nous stressait parce que nous n'avions aucune idée à quoi nous attendre. »

Les membres du personnel d'Horizon leur ont donné un coup de main pour faciliter le passage à la frontière. Ils ont préparé des lettres à l'intention des agents des services frontaliers pour leur expliquer que Parker était né au Canada. Au bout du compte, le petit a pu rentrer au bercail sans anicroche.

« Les agents des services frontaliers ont trouvé la situation plutôt cocasse », dit Bethany en souriant.

Parker, qui pesait presque 12 livres en septembre, va très bien et se développe normalement. Il est allé faire une promenade en bateau et s'entend très bien avec Sammy, le chat de la famille. Ses parents lui font parfois porter des pyjamas à motif de feuilles d'érable ou de drapeaux canadiens.

« Il adore manger, jouer avec son papa, écouter sa maman chanter et se coller, bien entendu », a écrit Bethany dans une lettre à l'intention du personnel de l'USNI. « Il se porte à merveille. »

Quelques mois se sont écoulés depuis la naissance inattendue de Parker. Bethany avoue sans retenue qu'elle sera à jamais reconnaissante des soins qu'elle et son fils ont reçus des infirmières et des autres membres du personnel d'Horizon à l'HRDEC.

« Nous nous sommes retrouvés dans une situation particulière et personne autour de nous n'avait d'expérience dans une telle situation », explique Bethany. « Le mois et demi passé à Fredericton a été rendu beaucoup plus agréable grâce aux membres de l'équipe d'Horizon. Ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour nous aider et nous ne les remercierons jamais assez. »



 

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