Vous avez imprimé ou sauvegardé cette information de www.HorizonNB.ca, le site web du Réseau de santé Horizon.

Facebook Icon LinkedIn Icon Twitter Icon Icon Icon
Imprimer cette page

UN DÉFI DE SANTÉ PUBLIQUE RELEVÉ PAR HORIZON

Ce qui ne devait être qu'un court séjour à Fredericton pour visiter son fils, sa brue et sa petite-fille s'est soudainement transformé en situation inattendue pour une nouvelle grand-maman originaire d'un autre pays. Voyez le travail accompli par de nombreuses organisations gouvernementales locales, fédérales et internationales pour aider la dame atteinte d'une rare maladie contagieuse.

Par souci de protection de la vie privée, le nom de la patiente et des membres de sa famille ont été changés. À la demande de la patiente, son pays d'origine et la maladie qui l'a frappée ne sont pas mentionnés dans le présent article.

Download this video here.


En mai dernier, Eileen Smith est montée à bord d'un avion à l'un des plus importants aéroports internationaux de son pays d'origine. Elle était heureuse à l'idée de s'envoler pour le Canada pour y visiter son fils Andrew et la famille de ce dernier. Pendant ce temps, Andrew et Sally Jones se préparaient à accueillir Eileen dans leur ville d'adoption et se réjouissaient à l'idée d'enfin présenter leur fillette d'un an à sa grand-mère.

Eileen prévoyait séjourner six mois chez son fils, et Andrew et Sally étaient prêts à lui montrer tout ce qu'ils aiment de la ville où ils habitent depuis une dizaine d'années. Sally, qui a étudié au Nouveau-Brunswick, est tombée sous le charme de Fredericton et de ses résidents. Elle a ensuite dû attendre que la paperasse de son mari se fraie un chemin dans le système d'immigration pour qu'il puisse venir la trouver ici.

SOUDAINEMENT MALADE

Après l'arrivée d'Eileen, les Jones ont profité du printemps et de l'été pour faire de nombreuses sorties avec elle. Cependant, vers la fin de l'été, Eileen est soudainement tombée malade.

« Ça nous a vraiment pris par surprise », explique Sally, précisant que sa belle-mère avait passé un examen physique complet avant de s'envoler vers le Canada et que mis à part de l'hypertension, on lui avait rendu un bilan de santé positif.

Au début septembre, les symptômes d'Eileen étaient assez graves pour que sa famille la conduise à une clinique sans rendez-vous. On lui a fait passer des tests, lui a donné des antibiotiques et l'a envoyée passer des radiographies de la poitrine à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers (HRDEC) du Réseau de santé Horizon.

Neuf jours plus tard, la famille s'est rendue de nouveau à la clinique pour obtenir les résultats des tests. Le médecin a décelé une anomalie et a fixé un rendez-vous pour faire passer à Eileen un tomodensitogramme le mois suivant. Ce délai inquiétait la famille, car le visa de séjour d'Eileen, prévu pour six mois, allait expirer entretemps et son vol de retour dans son pays était déjà réservé pour la fin octobre.

Ses symptômes se sont mis à empirer avant son rendez-vous de tomodensitogramme. La famille s'est donc rendue au Service d'urgence de l'HRDEC, où on lui a fait subir d'autres tests ainsi qu'une autre radiographie. Le médecin a déterminé que l'anomalie avait grossi et a demandé à devancer son tomodensitogramme.

Au départ, on lui soupçonnait un cancer, mais il s'agissait en fait d'une souche rare d'une maladie infectieuse nécessitant l'isolation de la personne qui en est atteinte.

« Environ deux jours avant le vol de retour de ma belle-mère, nous avons reçu un appel d'une infirmière de la Santé publique nous informant que nous devrions demeurer à la maison et annuler le vol », relate Sally. « C'est à ce moment que nous nous sommes mis à nous inquiéter. »

ISOLATION ET DÉFIS DIVERS

Ruth Amos est l'infirmière de la Santé publique qui était en poste quand les résultats de laboratoire d'Eileen sont sortis, à la mi-octobre. Elle a rapidement signalé le cas d'Eileen aux cadres qui doivent être mis au courant et a communiqué avec la famille pour l'informer du fait qu'Eileen devait rester au pays, tant pour sa santé que pour celle du public. Ce qui ne devait être qu'un long séjour paisible en famille venait alors de prendre une toute autre tournure.

La famille se sentait dépassée et vivait beaucoup d'incertitude. L'assurance d'Eileen allait-elle payer les frais médicaux? Incapable de parler anglais, comment allait-elle faire pour communiquer avec ses fournisseurs de soins? Qu'en était-il de la petite? Avait-elle été exposée à la maladie? Serait-il possible d'obtenir une prolongation de visa pour Eileen?

Heureusement, Eileen avait une assurance qui couvrait les soins médicaux initiaux et son visa a pu être prolongé. De plus, les tests effectués ont montré qu'aucun autre membre de son entourage n'avait été infecté.

Les belles manières de Ruth autour d'Eileen et ses mots rassurants ont eu pour effet de réconforter la famille.

« Ruth nous a dit que si on n'avait pas diagnostiqué la maladie de ma belle-mère avant son vol de retour, la situation aurait pu être grave pour elle », explique Sally. « Elle aurait probablement souffert davantage et infecté d'autres personnes. Nous avons eu de la chance que le diagnostic soit rendu avant qu'elle parte. »

PublicHealth1

MULTIRÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS

Le Dr Duncan Webster est un spécialiste des maladies infectieuses et microbiologiste médical à l'Hôpital régional de Saint John (HRSJ) du Réseau de santé Horizon. Quand un test par frottis révèle la présence d'une maladie infectieuse, il est le premier informé.

Dans le cas d'Eileen, il a immédiatement su qu'il s'agissait d'une forme rare d'une maladie infectieuse résistant à la plupart des médicaments ordinairement utilisés pour la combattre. « Puisque cette maladie est si résistante, nous avons dû planifier un traitement médical très complexe », poursuit le Dr Webster.

Ce n'était là que l'un des nombreux défis qui allaient se présenter à eux.

En raison de l'extrême rareté et de la très grande résistance de cette souche, certains des médicaments nécessaires à son traitement ne sont pas offerts au Canada. Il a donc fallu commander des médicaments outre-mer par l'entremise du programme d'accès spécial.

PublicHealth3Lamptey

PROTÉGER LA SANTÉ PUBLIQUE

La Dre Na-Koshie Lamptey, médecin-hygiéniste régionale avec la Santé publique, est chargée de protéger la santé de la population dans la région centrale du Nouveau-Brunswick. L'une de ses tâches consiste à recenser les risques qui pourraient menacer la santé de la population.

« Cette situation nous a servi d'occasion d'apprentissage à plusieurs égards », explique-t-elle. « D'une part, il s'agissait d'une maladie inhabituelle au Canada. D'autre part, nous devions nous assurer d'adopter une démarche axée sur le client, comme le Réseau de santé Horizon et le ministère de la Santé le prônent », ajoute-t-elle. « De plus, nous devions tenir compte du fait que la dame avait une autre culture et parlait une autre langue. »

Sally admet que sa belle-mère commençait à être déprimée à force d'être isolée à l'hôpital, surtout que personne ne pouvait la comprendre et qu'elle ne comprenait personne non plus.

« Elle a demandé à être placée en isolation à la maison », précise Sally. « Les représentants de la Santé publique, de l'hôpital, du Programme extra-mural et du ministère de la Santé se sont rencontrés pour discuter de sa demande et ont décidé de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'elle puisse être en isolation chez nous. Elle était très contente qu'on lui en donne la permission. »

Andrew et Sally se demandaient tout de même si son isolation dans leur maison pouvait poser des risques pour leur fillette.

« La Santé publique s'est occupée de tout ça », se réjouit Sally. « Notre fille a reçu des médicaments préventifs pour la protéger et ça nous a grandement rassurés. »

Eileen est sortie d'isolation à la fin janvier, mais elle continue de suivre ce qu'on appelle un traitement sous surveillance directe, c'est-à-dire qu'un représentant de la Santé publique doit être présent lorsqu'elle prend ses médicaments pour veiller à ce que sa santé à elle et celle de la population ne soit pas à risque.

PublicHealth2Webster

ENCORE QUELQUES OBSTACLES

Malgré les signes d'amélioration, quelques obstacles demeurent. Le Dr Webster note qu'en raison de la grande résistance aux médicaments de cette souche de la maladie, Eileen continuera à suivre un traitement médical rigoureux composé de cinq médicaments durant au moins 20 mois.

« Elle devra bien entendu poursuivre ce traitement une fois qu'elle rentrera à la maison », précise le Dr Webster, qui travaille avec des fournisseurs de soins dans le pays d'origine de la dame pour veiller à ce qu'elle reçoive les soins dont elle a besoin pour guérir, un pronostic possible quand il est question d'infections. »

Les Drs Webster et Lamptey ainsi que leurs collègues travaillent également avec l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) afin de trouver à Eileen un médecin traitant dans son pays, un défi logistique en raison de la barrière linguistique et du décalage horaire. L'équipe doit aussi s'assurer que les médicaments dont la dame a besoin, qui relèvent du Programme d'accès spécial, seront disponibles à son retour chez elle.

Sally ne s'attendait pas à ce que sa belle-mère bénéficie d'autant de bonnes attentions.

« Je crois que dans le système de santé d'ici, on se soucie vraiment du bien-être du patient », souligne-t-elle. « Nous avons grandement apprécié tout ce qui a été fait pour ma belle-mère. En y repensant maintenant, nous voyons que nous n'avions pas à nous inquiéter, car nous avons reçu toute l'aide nécessaire. »

LE CANADA, UN PAYS BIENVEILLANT

Le visa de visiteuse d'Eileen devra être prolongé une autre fois, le temps de finaliser tous les préparatifs entourant son voyage de retour. Malgré tout, Sally se dit heureuse que cette situation se soit passée au Canada.

« Le Canada est un pays si bienveillant. Nous nous sentons en sécurité ici », explique-t-elle. « C'est pour ça que nous aimons tant le Canada et que nous avons voulu nous établir ici », dit-elle, en expliquant qu'il n'y a pas à s'inquiéter si des pépins surviennent en sol canadien.

« Il y a toujours moyen d'obtenir de l'aide des gens et des organismes concernés. Tout le monde est très attentionné et les choses finissent toujours par se régler », ajoute-t-elle.

DES SOINS EXCEPTIONNELS

Sally n'hésite pas à dire que sa belle-mère a reçu des soins exceptionnels, mentionnant au passage le fait que des infirmières et des médecins à l'HRDEC ont fait l'effort de traduire l'information de l'anglais vers la langue maternelle d'Eileen afin qu'elle puisse mieux comprendre ce qui lui arrivait. Le personnel de l'hôpital se faisait un devoir de tenir la famille au courant des développements et de rendre la communication le plus facile possible.

La famille a eu l'impression que les professionnels de la santé qui s'occupaient d'Eileen donnaient leur 110 %. Puisqu'on ne trouve aucun spécialiste des maladies infectieuses à Fredericton, le Dr Webster s'est déplacé pour rencontrer la famille à la maison et lui a consacré une journée de travail.

« Il était normal pour moi de les appeler étant donné leur situation », souligne-t-il. « C'était un cas très particulier. J'étais heureux de les aider, je n'ai fait que mon travail. »

« Je crois qu'il est important pour les patients et les professionnels de la santé de se rencontrer et de pouvoir poser des questions », ajoute-t-il. « C'est important pour les patients de tisser des liens, de se sentir appuyés et de faire confiance aux gens qui prennent soin d'eux. »

LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DES SOINS DE SANTÉ

Lorsqu'il ne pouvait être présent, le Dr Webster s'est servi de la meilleure technologie à sa disposition.

« J'ai pu tenir des consultations avec la famille à l'aide des services de télésanté », explique-t-il. « Voilà une nouvelle fonctionnalité offerte par le Programme extra-mural et les services de télésanté. Nous pouvons organiser une vidéoconférence et nous parler comme si nous étions dans la même pièce, ce qui permet d'offrir de bons soins de façon efficace. »

Le Dr Webster est plutôt fier de la tournure des événements. La Dre Lamptey est du même avis.

« C'était très gratifiant de voir toute l'équipe de fournisseurs de soins de santé travailler de concert pour cerner les problèmes qui pouvaient survenir et y trouver des solutions », mentionne-t-elle. « La situation d'Eileen ne nous a accordé aucun répit. Dès que nous trouvions une solution à un problème, un autre problème se pointait. Nous avons tout simplement adopté une démarche positive qui consistait à faire ce qu'il y avait de mieux pour notre patiente et notre collectivité. »

« Les membres de ma famille et moi sommes profondément reconnaissants de toute l'aide que nous avons reçue », souligne Sally. « Les membres du personnel soignant étaient là quand nous avons eu besoin d'eux et se sont montrés très attentionnés à notre égard tout au long du processus. »

L'état de santé d'Eileen continue de s'améliorer et elle va bien, ce qui représente un énorme soulagement pour sa famille. Il ne lui manque plus qu'à recevoir le feu vert pour rentrer chez elle en toute sécurité.


Facebook Icon LinkedIn Icon Twitter Icon Icon Icon
Taille du texte: