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UN ANGE DANS LE CIEL

L'acte d'héroïsme d'une infirmière d'Horizon… à 35 000 pieds d'altitude

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Quand Paula Colter est montée à bord d'un avion de United Airlines à l'aéroport intercontinental George Bush de Houston, au Texas, en août dernier, elle était loin de se douter qu'une fois dans les nuages, elle allait se trouver devant une situation de vie ou de mort.

L'infirmière du Réseau de santé Horizon et ses deux grandes filles se rendaient à Tegucigalpa, au Honduras, pour une semaine de bénévolat avec l'organisme UNB Global Brigades, le chapitre néo-brunswickois d'une organisation humanitaire dirigée par des étudiants.

Après le décollage, Paula, tranquille dans son siège à l'arrière de l'avion, a commencé à regarder un film, question de passer le temps durant ce vol de trois heures.

Pendant que l'avion survolait le Mexique, Paula s'est aperçue que quelque chose ne tournait pas rond en première classe. À l'interphone, un agent de bord a demandé s'il y avait un médecin parmi les passagers.

Voyant que personne ne répondait, Paula s'est précipitée à l'avant de l'avion. Une dame frêle, âgée de plus de 70 ans, était inconsciente dans son siège. À ses côtés, sa fille en détresse suppliait les gens autour de l'aider.

« Sur le coup, je n'arrivais pas à y croire », raconte Paula, qui travaille aux Services de santé pour les employés à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers (HRDEC) du Réseau de santé Horizon, à Fredericton. « Je me suis demandé si je rêvais, si ce que je voyais se passait vraiment. »

Elle a rapidement sorti un stéthoscope de son sac.

« Son cœur avait complètement cessé de battre », explique Paula. « Elle était très froide. Son nez coulait. Elle ne montrait aucun signe de vie. ».

MOMENTS CRITIQUES

Paula savait qu'elle devait procéder à une réanimation cardiorespiratoire, mais elle était incapable de déplacer la dame inerte pour l'allonger sur le plancher.

« J'ai essuyé son nez et j'ai commencé à pratiquer le bouche-à-bouche pendant qu'elle était encore assise dans son siège », poursuit-elle. « Je me disais que la respiration artificielle pourrait aider et qu'au moins, je faisais quelque chose. »

Paula a alors demandé à un agent de bord d'aller chercher sa fille Lauren, âgée de 21 ans, étudiante au baccalauréat en sciences infirmières au campus de Moncton de l'UNB.

« Je savais qu'elle avait les compétences pour m'aider et je savais qu'elle écouterait ce que sa mère lui disait de faire. »

Lauren a aidé sa mère à allonger la dame sur le plancher. Ensuite, un agent de bord leur a apporté un défibrillateur cardiaque et un réservoir d'oxygène et Paula a initié le processus de RCR.

« Lauren s'est occupée de préparer le défibrillateur pendant que je donnais des compressions. Nous nous préparions à lui administrer un choc électrique. »

Pendant ce temps, l'autre fille de Paula, Grace, âgée de 19 ans, était témoin de la scène à partir de son siège.

« Je ne pouvais pas vraiment voir ce qui se passait », explique Grace, qui fait des études au New Brunswick Community College pour devenir infirmière auxiliaire autorisée. « Je voyais des personnes prendre des photos et des vidéos et je trouvais ça irrespectueux. Ça me dérangeait de les voir faire. »

Quand elle a entendu quelques passagers demander s'ils devraient aller prêter main-forte, Grace leur a ordonné de rester assis.

« On dirait que ma mère maîtrise toujours la situation, peu importe la situation. Je suis donc restée à ma place et j'ai veillé à ce que les autres fassent de même. »

Paula a continué ses manœuvres de RCR, et au moment où elle et sa fille s'apprêtaient à administrer à la dame un choc à l'aide du défibrillateur, cette dernière a commencé à respirer et a ouvert les yeux.

« Une fois dans un état stable, elle a voulu se relever », explique Paula. « Nous avons pu l'aider à se rasseoir dans son siège et je suis restée auprès d'elle. Ses signes vitaux étaient redevenus bons et elle a commencé à reprendre des couleurs. »

La dame, qui parlait seulement espagnol, tenait fermement la main de cette Canadienne qui venait de la ramener à la vie.

« Elle me regardait et elle essayait de me parler », raconte Paula. « Elle disait "un ange, mon ange". Je trouvais ça tellement beau. »

Paula3(Daughters)De gauche à droite : Paula, Lauren et Grace Colter durant leur semaine de bénévolat au Honduras, en août 2018.

JUBILATION ET INSPIRATION

Grâce aux secours portés par Paula et Lauren, les pilotes n'ont pas eu à effectuer un atterrissage d'urgence et ont pu continuer à destination du Honduras. Pendant que la mère et la fille retournaient à leurs sièges, quelque chose de magnifique s'est produit.

« Un tonnerre d'applaudissements s'est fait entendre. Les gens disaient que j'étais un ange et que c'était incroyable », se remémore Paula. « Je me suis sentie tellement fière. J'étais fière que mes compétences aient été acquises ici, au Nouveau-Brunswick, chez Horizon, et qu'elles m'aient servi ailleurs. C'était pas mal spécial. »

Grace observait la scène avec fierté.

« On aurait juré que la scène était tout droit sortie d'un film », déclare-t-elle. « On ne croit pas que ce genre de chose peut se produire dans la vraie vie. Mais voilà que ma mère était là pour sauver la situation. Elle m'inspire. Je la trouve pas mal fantastique. »

Grace n'est pas la seule à avoir été inspirée par le geste posé par sa mère. Jenna Curwin, une étudiante de troisième année du programme de biologie de l'UNB qui espère faire carrière dans les soins de santé, a elle aussi assisté à toute la scène.

« Je suis encore surprise à quel point elle a rapidement pris la situation en main et aidé cette dame tout en gardant son calme », explique Jenna. « Il était clair que son travail est important pour elle, tant à l'hôpital qu'ailleurs. »

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UNE HÉROÏNE CHEZ HORIZON

Paula a obtenu son diplôme de baccalauréat en sciences infirmières en 1995 et a commencé à travailler à l'HRDEC peu de temps après.

« Horizon a toujours investi dans les possibilités me permettant de garder mes compétences à jour », explique-t-elle. « D'une année à l'autre, j'ai toujours renouvelé mon certificat de RCR, mais je n'ai jamais eu à mettre mes connaissances en pratique avant ce jour-là. Je n'ai pas paniqué. Je savais quoi faire, et je l'ai fait. Je me suis toujours demandé si je serais capable de relever le défi si l'occasion se présentait, et j'ai réussi. C'était magnifique. Tout ce que j'ai fait, c'était de témoigner de l'empathie, de la compassion et du respect à cette famille. »

Les collègues de Paula ont entendu parler de ce qui s'est passé à bord de cet avion et n'ont pas été surpris d'apprendre qu'elle s'était portée au secours d'une passagère en détresse.

« Les gestes qu'elle a posés dans l'avion témoignent de sa volonté à aider les gens dans le besoin », souligne la gestionnaire régionale du Service de santé et de mieux-être des employés, Marilyn Babineau. « Nous sommes tous fiers de ce qu'elle a fait et nous sommes fiers de la compter dans notre équipe chez Horizon. Paula n'est rien de moins qu'une héroïne. »

Dans les jours qui ont suivi le vol, Paula, Lauren, Grace et 14 autres étudiants du Nouveau-Brunswick ont effectué du travail bénévole dans un village démuni du Honduras. Les membres du groupe ont contribué à l'organisation de cliniques où plus de 600 personnes ont pu voir des médecins, des optométristes et des dentistes. Ils ont aussi participé à l'installation de poêles à bois écologiques avec cheminée ainsi qu'à l'installation de tuyaux d'aqueduc pour raccorder des maisons à l'eau potable.

Une fois leur semaine de bénévolat terminée, Paula et ses filles ont repris un vol de United Airlines en partance de Tegucigalpa pour rentrer au bercail. À leur étonnement, l'équipage était le même que celui de la semaine précédente.

« J'ai tendu ma carte d'embarquement à l'agent de bord. Plutôt que d'y prêter attention, il m'a regardée et m'a serrée dans ses bras », relate Paula. « Les agents de bord étaient tellement gentils. Ils sont venus nous voir pour nous demander de leur raconter comment s'était passée notre semaine au Honduras. »

La compagnie aérienne a même envoyé un courriel à Paula.

« Je tiens à vous offrir mes remerciements, à vous et à Lauren, pour avoir récemment porté secours à une passagère à bord de l'un de nos appareils », a écrit une représentante de United Airlines. « Nous sommes reconnaissants de votre générosité et vous remercions d'avoir fait don de votre temps, d'avoir témoigné de la compassion et d'avoir fait bon usage de votre savoir-faire pour venir en aide à cette passagère dans le besoin. »

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VŒUX DE NOËL

Des mois se sont écoulés depuis ces minutes fatidiques à 35 000 pieds d'altitude. À son grand regret, Paula n'a aucun moyen de joindre la passagère à qui elle a sauvé la vie, car elles n'ont pas échangé leurs noms ni leurs coordonnées.

Malgré tout, l'infirmière d'Horizon et la dame d'Amérique latine seront liées à jamais.

« J'aimerais connaître son nom et savoir où elle vit », indique Paula. « J'aimerais lui envoyer une carte de Noël et prendre de ses nouvelles pour savoir si elle va bien. Je pense souvent à elle, et elle pense probablement à moi aussi. »



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