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LE COURAGE D'UNE FAMILLE

La compassion, de bons soins et un fort lien d'amour ont aidé une famille de Saint John à se remettre d'un traumatisme.

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Par un matin pluvieux d'août 2017, Belinda Humphrey était en train de préparer un gros déjeuner pour sa famille à un terrain de camping de la péninsule de Kingston. Rien ne laissait présager qu'elle était sur le point de vivre les heures les plus effrayantes de sa vie.

Dans ses préparatifs, elle a allumé l'un des brûleurs du poêle au propane de la roulotte pour réchauffer des saucisses.

« Dès que j'ai allumé le brûleur, il m'a explosé au visage, explique Belinda. J'ai seulement entendu un gros bang assourdissant. »

Belinda a senti des flammes sur ses mains et s'est effondrée. La déflagration a été si puissante que Michael, le mari de Belinda, a été projeté hors de la roulotte par l'embrasure de la porte. Leur fille de 14 ans, Michaela, assise sur un banc près du poêle, s'est levée d'un bond pour s'enfuir. Les flammes avaient eu le temps de brûler ses jambes nues.

« Je suis devenue hystérique et je me suis mise à crier », raconte Belinda.

Sa fille et elle ont réussi à sortir de la roulotte, d'où s'échappaient des nuages de boucane noire. Titubant et en état de choc, Michael avait des brûlures sur la moitié du corps.

Dans les minutes de souffrance atroce qui ont suivi, en attendant l'arrivée des secours, une sorte de magie s'est installée. Deux femmes qui étaient campées tout près sont accourues auprès des Humphrey. Croyant qu'elle allait mourir, Michaela leur a demandé de chanter Amazing Grace et Take Me Home, Country Roads.

« Ces deux dames se sont assises par terre avec nous et ont essayé de nous calmer, comme des anges », confie Belinda. « Elles ont été incroyables. »

Les membres de la famille ont été conduits à l'hôpital dans trois ambulances différentes, et pendant le trajet, Belinda ignorait si son mari et sa fille allaient survivre. L'ambulancier qui l'accompagnait l'a apaisée en aspergeant de l'eau stérile sur ses brûlures aux mains, aux bras et au visage. Puis, comme les inconnues du terrain de camping, il s'est mis à chanter doucement pour elle.

« Je me rappelle que l'ambulancier était tout à fait incroyable », raconte Belinda. « Dommage que je n'aie pas pris connaissance de son nom, car j'aimerais vraiment le revoir. »

Quand elle est entrée en civière au service d'urgence de l'Hôpital régional de Saint John du Réseau de santé Horizon, elle a eu l'impression d'être dans un tunnel, mais en même temps, elle s'est sentie chez elle. À ce moment, Belinda travaillait depuis dix ans comme assistante en pharmacie à l'HRSJ. Elle allait souvent au service d'urgence remettre des rapports et des médicaments, donc les gens qui soignaient ses blessures lui étaient familiers, ce qui lui a apporté du réconfort.

« J'ai vu un médecin arriver, puis j'ai vu le visage d'autres employés que je reconnaissais. »

Son mari et sa fille ont été conduits à l'Unité de soins chirurgicaux intensifs. Michael avait des brûlures au dos, au ventre, aux jambes et aux bras. Michaela avait quant à elle été surtout brûlée aux jambes. Entre-temps, Belinda a été emmenée à l'Unité de chirurgie plastique et de soins aux victimes de brûlures. Sur le coup, elle n'arrivait même pas à reconnaître ses mains.

« On aurait juré que c'était les mains de Freddy Krueger », explique-t-elle. « J'avais perdu le bout de mes doigts. C'était dégueulasse. »

La famille a été réunie le lendemain de l'explosion. Plutôt que d'être hospitalisée à l'Unité de pédiatrie, Michaela a obtenu la permission d'être dans la même chambre que sa mère, tandis que son père était dans la chambre voisine. Cependant, la vie leur semblait morne. Les infirmières leur disaient sans cesse que tout irait pour le mieux, mais ils avaient tous les trois du mal à le croire. De plus, Belinda et Michael devaient non seulement endurer leurs propres blessures, mais aussi vivre avec la douleur de savoir que leur fille était en souffrance et profondément marquée.

« C'était à la fois réconfortant et cruel de l'avoir si près de moi », observe Belinda. « Réconfortant parce que je pouvais garder un œil sur elle et être là pour elle, mais cruel parce qu'elle me suppliait de la laisser mourir et qu'elle criait de douleur. Je suis soulagée d'avoir été la personne qui était à ses côtés durant cette période. »

Au milieu de ce tourment, la magie a repris. Les collègues de Belinda ont commencé à la visiter tous les jours et lui apportaient souvent des repas et des pâtisseries maison. L'un des chirurgiens plastiques les plus reconnus d'Horizon, le Dr Donald Lalonde, a pris le temps de s'asseoir et de discuter avec Michaela. Un autre employé d'Horizon est lui aussi passé la voir pour lui parler des brûlures qu'il avait subies quand il était enfant et de sa guérison. Des employés ont organisé des tirages 50-50 et une vente de chili, en plus de mettre sur pied une campagne GoFundMe pour amasser des fonds pour la famille. Un jour où Belinda avait le moral bas, des collègues sont venus livrer une immense affiche sur laquelle étaient collées des cartes d'encouragement.

« J'ai pleuré, avoue-t-elle, mais c'était par gratitude envers cet élan de gentillesse. »

Après un certain temps, la famille s'est mise à sourire, puis même à rire. Belinda a commencé à emmener Michaela faire des promenades dans l'hôpital qu'elles ont baptisées leurs « petites sorties en ville ». L'adolescente est devenue de plus en plus forte et faisait preuve de maturité lors des séances de nettoyage des plaies, de changements des pansements et de débridement (moment extrêmement douloureux où on enlève les peaux mortes dans une plaie). Les jeunes infirmières de l'unité chantaient avec elle dans la douche, lui mettaient du vernis à ongles et lui faisaient de belles coiffures. Quand Michaela a enfin pu porter ses vêtements habituels, le personnel a organisé un dévoilement dans le corridor et l'a applaudie.

« Il est rare que des enfants soient hospitalisés à l'Unité de chirurgie plastique et de soins aux victimes de brûlures, donc les membres du personnel ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour me faire sentir bien », explique Michaela. « Quand on est à l'hôpital, on se sent vraiment moche. J'ai donc vraiment apprécié qu'on m'aide à me coiffer et à me sentir mieux dans ma peau. Les infirmières m'ont traitée aux petits oignons. »

Dès le premier jour, les membres du personnel ont été à même de constater le fort lien qui unissait les trois membres de la famille Humphrey. « Ils forment une famille incroyablement forte », indique Cindy Goggan, infirmière gestionnaire de l'unité. « Quand l'un des membres passait une dure journée, les deux autres étaient là pour lui remonter le moral. Je pense que c'est l'unité de leur famille qui leur a permis de traverser cette épreuve et de s'en sortir si bien. »

En octobre 2017, six semaines après être arrivée en ambulance, Belinda a reçu son congé de l'hôpital et a commencé à recevoir des soins à domicile avec des infirmières du Programme extra-mural. Michael a pu rentrer à la maison deux semaines plus tard. Michaela, qui a été la dernière à quitter l'hôpital, a commencé sa 9e année à l'école Harbour View High School de Saint John tout juste avant Noël. Elle avait encore des bandages sur les jambes et ses amis marchaient avec elle quand elle se déplaçait lentement d'une classe à une autre. Son école l'a surprise en lui offrant un téléphone iPhone en cadeau.

« Même en ayant manqué trois mois d'école, elle a réussi son année scolaire et a été promue en 10e année », souligne Belinda. « Nous sommes si fiers d'elle. Son attitude a été une source d'inspiration et elle a fait preuve d'un courage exemplaire. »

Belinda est de retour au travail depuis le début de 2018. Ses collègues chez Horizon lui ont réservé un accueil si chaleureux à son retour qu'elle s'est sentie comme une vedette. Elle a maintenant un nouvel espace de stationnement plus près de l'édifice et certaines de ses tâches ont été modifiées afin de les rendre moins épuisantes.

« Chaque jour, quand j'arrive au travail, je me dis que j'ai la chance de venir travailler et d'avoir la capacité physique de travailler. Je me sens très privilégiée », explique-t-elle. « Parfois, la vue des ambulances qui vont et qui viennent me dérange encore un peu, mais côtoyer les gens qui nous ont tant aidés me rend très heureuse. »

Le 12 août dernier a marqué le premier anniversaire de l'explosion. Les membres de la famille, qui pourraient devoir subir des chirurgies plastiques dans les années à venir, continuent de composer tant bien que mal avec les conséquences émotives du traumatisme qu'ils ont vécus. Maintenant, quand ils repensent à l'épreuve qu'ils ont traversée, les mots leur manquent pour décrire toute la gratitude éprouvée envers les soins reçus de la part des infirmières, médecins, physiothérapeutes, travailleurs sociaux, psychologues, employés des services ménagers et autres employés d'Horizon.

« Je me sens extrêmement chanceuse depuis que j'ai réussi à surmonter cette épreuve. Je n'oublierai jamais la gentillesse témoignée à ma famille », conclut Belinda. « Je peux compter sur une famille incroyable chez Horizon et j'en suis infiniment reconnaissante. »

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